Présentation de la
Loi canadienne sur la mesure du bien-être.
Par Joe Jordan, député de Leeds-Grenville:
Lorsque la pollution rend les gens malades, le coût de leurs soins médicaux s'ajoute au PIB.
Ce qu'il en coûte pour remplacer des biens volés, acheter de l'équipement de sécurité, juger les coupables et les mettre en prison s'ajoute au PIB.
Lorsque l'industrie de l'assurance consacre des milliards de dollars à réparer ou à remplacer des biens à cause d'événements climatiques de plus en plus violents, le PIB augmente.
Tous ces éléments viennent gonfler le PIB et sont considérés à tort comme des facteurs de progrès. Dans chaque cas, nous devons payer parce que nous n'avons pas pris les mesures voulues pour prévenir les problèmes. Ces dépenses sont un signe d'infortune, non d'un bien-être accru.
Nous ne pouvons présumer qu'un PIB à la hausse indique que tout va bien. Nous devons examiner de plus près à quoi sert l'argent. Nous devons distinguer entre les dépenses qui profitent vraiment à la société et celles qui annoncent des difficultés.
Et même si le crime, la pollution, la maladie et les catastrophes naturelles provoquent tous une croissance de l'économie, le PIB ne tient aucun compte de la valeur du travail bénévole ou non rémunéré, du temps de loisirs ainsi que de nos ressources naturelles en tant qu'actifs immobilisés.
Chaque entreprise tient compte de la vente de ses éléments d'actif. Pourtant, nous faisons abstraction de la destruction et de la consommation de nos actifs en ressources naturelles et nous allons même jusqu'à comptabiliser les pertes comme des gains. Lorsque nous coupons du bois dans les forêts ou que nous sortons du poisson de la mer, nous tenons compte uniquement du gain que procure la vente du bois et du poisson; nous faisons fi du fait que nous avons également réduit les réserves d'arbres ou de poisson et de toutes les répercussions que de telles réductions peuvent entraîner.
Cette omission s'explique. Depuis les temps préhistoriques jusqu'aux années 1950, la terre semblait capable à tout jamais de fournir des ressources et d'absorber nos déchets; on ne pouvait imaginer vernir à bout de sa générosité. Ces attentes ne sont plus valides. Il y a maintenant beaucoup plus de gens qui utilisent des technologies puissantes. À l'aube du XXIe siècle, nous avons moins de poissons dans nos océans, moins de forêts en santé, moins de terres arables, moins d'espèces vivantes, plus d'émissions de gaz à effet de serre et plus de pollution qu'à l'époque de nos parents. Nous faisons fi de nos responsabilités à notre propre péril.
La Loi canadienne sur la mesure du bien-être vise à établir un système de mesure permettant de distinguer entre d'une part les activités qui profitent aux gens et aux écosystèmes, d'autre part celles qui produisent la dégradation de notre environnement ou en résultent. Cela témoignerait de notre qualité de vie tout en permettant de recenser l'état de nos ressources naturelles.
Un excellent travail est en train de s'accomplir au Canada et à l'étranger pour mettre au point les systèmes de mesure nécessaires. Ce travail doit être reconnu, encouragé et intégré à nos principales mesures du bien-être.
La supposition que toute croissance est bonne est trompeuse et risquée. En mesurant la taille d'un bébé, on peut déterminer assez bien s'il se développe normalement, mais une telle mesure n'est guère utile pour évaluer le bien-être d'un adulte. Les mesures du bien-être proposées dans cette loi peuvent sensibiliser davantage les responsables de tous les échelons, qu'il s'agisse de particuliers ou des députés de cette Chambre, aux répercussions de nos actions, tout en nous aidant à assumer les responsabilités d'une civilisation arrivée à maturité. Ces instruments fourniraient une mesure du progrès beaucoup plus exacte et complète que ce dont nous disposons à l'heure actuelle. Ils peuvent nous aider à établir des politiques propres à assurer le bien-être de nos enfants et des générations futures de Canadiens.
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Pour de plus amples renseignements, veuillez écrire (aucun affranchissement nécessaire) à : Marlene Jennings, député
Édifice de l'Ouest, 403
Chambre des communes
Ottawa K1A 0A6
(613) 995-2251
ou faire parvenir un courrier-el à Pierric Le Dorze à l'adresse : jennim8@parl.gc.ca
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Last Update: February 11, 2001
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