|
Le
règlement antérieur avait été sujet à une seule
journée de consultation publique le 18 mai 2005 (cliquer
ici pour des détails sur cette consultation). Une campagne
de mobilisation a eu lieu dans les semaines qui ont suivi l'adoption
de principe de ce règlement le 26 avril. Une campagne de
média a aussi donné lieu entre autres à un
article du journaliste Simon Diotte dans le cahier Mon Toit
de La Presse du 28 mai 2005 ainsi qu'à un reportage
diffusé à l'émission Fréquence
de radio-canada en outaouais le 15 juin 2005 (cliquer
ici pour l'écouter).
Entre-temps,
le 26 mai 2005, Chantal Plamondon et Jay Sinha rencontraient M.
Ducharme, maire de Gatineau, ainsi que David Leclerc, son conseiller.
M. Ducharme s'est dit préoccupé par la question entre
autres parce qu'il recevait quotidiennement un grand nombre de courriels
d'un peu partout au Canada qui dénonçaient le projet
de règlement du 26 avril 2005.
Donc, notre
campagne de courriels a porté fruit... MERCI À TOUS
CEUX QUI ONT ENVOYÉ DES LETTRES OU DES COURRIELS, mais la
bataille est encore loin d'être gagnée.
De
fausses promesses
Il ne faut pas oublier que nous avons déjà été
trompés par la ville de Gatineau. En effet, en novembre 2004,
dès que nous avons été informés du projet
de règlement par la ville de Gatineau, une importante mobilisation
a eu lieu et des dizaines de formulaires de désapprobation
ont été acheminés au service d'urbanisme de
la ville.
Le 1er février
2005, cinq représentants du service de l'urbanisme de la
ville de Gatineau ont accepté de nous rencontrer ainsi que
Archibio (Pascal Morel et Michel Bergeron) pour discuter de ce type
de construction. Nous leur avons fait une présentation qui
les a vraisemblablement convaincus si bien qu'à la fin de
la réunion, tous étaient sous l'impression qu'une
recommandation serait faite "aux consultants embauchés
pour ce projet" en vue d'éliminer cette interdiction,
du moins pour les construction à charpente de bois.
À
partir de ce moment, tout est devenu secret et il nous était
interdit de prendre connaissance du texte final. Nous étions
cependant optimistes. C'était une erreur car en réalité
cette rencontre n'était que poudre aux yeux puisque le texte
final de l'article du règlement rendu public le 27 avril
dernier ne tenait absolument pas compte de nos recommandations.
L'interdiction était maintenu.
L'hypocrisie
d'une "acceptation partielle"
La ville de
Gatineau a par la suite prétendu qu'elle avait "partiellement
accepté" la demande des résidents qui ont rempli
les formulaires parce que, malgré l'interdiction claire des
constructions en ballots de paille sur son territoire, la ville
de Gatineau autoriserait tout des même des "projets particuliers
de construction" à travers la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme. Ces projets pourraient
être autorisés après avoir suivi une procédure
très longue, complexe et dont la décision finale d'autorisation
demeure discrétionnaire. Prétendre qu'il s'agissait
là d'une acceptation partielle était trompeur puisque
dans les faits le message était clair: Gatineau ne voulait
pas de maisons isolées en ballots de paille, le texte du
règlement était on ne peut plus explicite.
Donc, le message
de la ville de Gatineau était le suivant:
- Les constructions
isolées en ballots de paille ne sont clairement pas permises
sur le territoire de la ville et donc elles ne sont pas les bienvenues.
- Si vous tenez
absolument à en construire une, nous l'autoriserons peut-être,
mais nous vous rendrons la tâche difficile en vous soumettant
à une processus rigoureux et même suite à
cela, il n'y a aucune garantie que vous obteniez votre permis,
même si votre construction répond aux exigences des
codes de bâtiment provincial et fédéral.
Une interdiction
à contre-courant
En novembre
2004, le gouvernement du Québec annonçait une initiative inter-ministérielle
très importante en faveur du développement durable. Or, la
maison en ballots de paille est l'un des meilleurs exemples de construction
favorisant le développement durable:
1) La paille contenue dans les murs serait autrement brûlée, augmentant
ainsi les émanations de CO2.
2) La paille est une matière renouvelable, naturelle et saine qui
n'émet pas de composés organiques volatiles. Donc l'air intérieur
que l'on retrouve dans les maisons isolées en paille est
exceptionnellement sain, particulièrement pour les personnes
qui souffrent d'hypersensibilité aux produits chimiques.
3) La paille possède une capacité isolante exceptionnelle (minimum
de R-28, mais habituellement R-40+, comparativement à R-14 pour
les constructions « traditionnelles ») ce qui rend la
maison chaude en hiver et fraîche en été, limitant du même coup
les dépenses énergétiques.
Selon Pascal
Morel de Archibio, groupe d'intervention en habitat écologique,
« [L]a construction en ballots de paille est une approche
exemplaire de construction écologique, tant au chapitre de la réduction
de l'impact sur les ressources, la consommation d'énergie, la production
de déchets, la santé des gens [...], tout en procurant une
qualité de vie optimale aux occupants. À la fin de son cycle
de vie exceptionnel, cette maison laissera donc un minimum de produits
dangereux dans la nature. » (P. Morel, « La maison en
ballots de paille », La
maison du 21e siècle, vol. 11, no 4, automne 2004, 20-22, à
la p. 22).
|
|