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Gatineau propose de former un groupe de travail pour établir des normes devant régir les constructions isolées par ballots de paille

Cliquer ici pour lire le communiqué de presse émis par la ville de Gatineau le 21 juin 2005

Le 21 juin 2005, la ville de Gatineau a annoncé par voie de communiqué son intention de créer un groupe de travail qui sera chargé d’encadrer et d’aider les citoyens désirant effectuer une construction isolée par ballots de paille sur son territoire. Ce groupe de travail, qui devrait être formé sous peu, aura pour mission d'analyser les techniques de l’isolation des maisons par ballots de paille et d'établir les normes et les conditions appropriées à ce genre de construction afin de l’autoriser sur le territoire de la Ville de Gatineau. Il n'est pas précisé si entre-temps un moratoire sur ce type de construction sera en vigueur, ni qui seront les personnes qui feront partie de ce comité.

On se souvient que Gatineau a inséré le 26 avril 2005 un article à son règlement proposé de construction no 504-2005 interdisant la construction de maisons en ballots de paille sur tout son territoire. Le nouvel article du règlement, adopté par le conseil municipal le 28 juin dernier, ne contient plus le paragraphe qui interdisait spécifiquement tout "système mural non traditionnel composés de bottes de paille ou de murs de terre".  Voici le texte de l'article que l'on peut également trouver sur le site de la ville de Gatineau en cliquant ici.

« 23. Système mural non traditionnel
Quiconque prépare des plans et devis pour des travaux de construction intégrant un système mural non traditionnel doit démontrer que le système respecte l’ensemble des normes et des critères de performance prescrits aux codes de construction mentionnés à l’article 5.
»

Le règlement antérieur avait été sujet à une seule journée de consultation publique le 18 mai 2005 (cliquer ici pour des détails sur cette consultation). Une campagne de mobilisation a eu lieu dans les semaines qui ont suivi l'adoption de principe de ce règlement le 26 avril. Une campagne de média a aussi donné lieu entre autres à un article du journaliste Simon Diotte dans le cahier Mon Toit de La Presse du 28 mai 2005 ainsi qu'à un reportage diffusé à l'émission Fréquence de radio-canada en outaouais le 15 juin 2005 (cliquer ici pour l'écouter).

Entre-temps, le 26 mai 2005, Chantal Plamondon et Jay Sinha rencontraient M. Ducharme, maire de Gatineau, ainsi que David Leclerc, son conseiller. M. Ducharme s'est dit préoccupé par la question entre autres parce qu'il recevait quotidiennement un grand nombre de courriels d'un peu partout au Canada qui dénonçaient le projet de règlement du 26 avril 2005.

Donc, notre campagne de courriels a porté fruit... MERCI À TOUS CEUX QUI ONT ENVOYÉ DES LETTRES OU DES COURRIELS, mais la bataille est encore loin d'être gagnée.

De fausses promesses

Il ne faut pas oublier que nous avons déjà été trompés par la ville de Gatineau. En effet, en novembre 2004, dès que nous avons été informés du projet de règlement par la ville de Gatineau, une importante mobilisation a eu lieu et des dizaines de formulaires de désapprobation ont été acheminés au service d'urbanisme de la ville.

Le 1er février 2005, cinq représentants du service de l'urbanisme de la ville de Gatineau ont accepté de nous rencontrer ainsi que Archibio (Pascal Morel et Michel Bergeron) pour discuter de ce type de construction. Nous leur avons fait une présentation qui les a vraisemblablement convaincus si bien qu'à la fin de la réunion, tous étaient sous l'impression qu'une recommandation serait faite "aux consultants embauchés pour ce projet" en vue d'éliminer cette interdiction, du moins pour les construction à charpente de bois.

À partir de ce moment, tout est devenu secret et il nous était interdit de prendre connaissance du texte final. Nous étions cependant optimistes. C'était une erreur car en réalité cette rencontre n'était que poudre aux yeux puisque le texte final de l'article du règlement rendu public le 27 avril dernier ne tenait absolument pas compte de nos recommandations. L'interdiction était maintenu.

L'hypocrisie d'une "acceptation partielle"

La ville de Gatineau a par la suite prétendu qu'elle avait "partiellement accepté" la demande des résidents qui ont rempli les formulaires parce que, malgré l'interdiction claire des constructions en ballots de paille sur son territoire, la ville de Gatineau autoriserait tout des même des "projets particuliers de construction" à travers la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Ces projets pourraient être autorisés après avoir suivi une procédure très longue, complexe et dont la décision finale d'autorisation demeure discrétionnaire. Prétendre qu'il s'agissait là d'une acceptation partielle était trompeur puisque dans les faits le message était clair: Gatineau ne voulait pas de maisons isolées en ballots de paille, le texte du règlement était on ne peut plus explicite.

Donc, le message de la ville de Gatineau était le suivant:

  • Les constructions isolées en ballots de paille ne sont clairement pas permises sur le territoire de la ville et donc elles ne sont pas les bienvenues.
  • Si vous tenez absolument à en construire une, nous l'autoriserons peut-être, mais nous vous rendrons la tâche difficile en vous soumettant à une processus rigoureux et même suite à cela, il n'y a aucune garantie que vous obteniez votre permis, même si votre construction répond aux exigences des codes de bâtiment provincial et fédéral.

Une interdiction à contre-courant

En novembre 2004, le gouvernement du Québec annonçait une initiative inter-ministérielle très importante en faveur du développement durable.  Or, la maison en ballots de paille est l'un des meilleurs exemples de construction favorisant le développement durable:

1) La paille contenue dans les murs serait autrement brûlée, augmentant ainsi les émanations de CO2.

2) La paille est une matière renouvelable, naturelle et saine qui n'émet pas de composés organiques volatiles. Donc l'air intérieur que l'on retrouve dans les maisons isolées en paille est exceptionnellement sain, particulièrement pour les personnes qui souffrent d'hypersensibilité aux produits chimiques.

3) La paille possède une capacité isolante exceptionnelle (minimum de R-28, mais habituellement R-40+, comparativement à R-14 pour les constructions « traditionnelles ») ce qui rend la maison chaude en hiver et fraîche en été, limitant du même coup les dépenses énergétiques.

Selon Pascal Morel de Archibio, groupe d'intervention en habitat écologique, « [L]a construction en ballots de paille est une approche exemplaire de construction écologique, tant au chapitre de la réduction de l'impact sur les ressources, la consommation d'énergie, la production de déchets, la santé des gens [...], tout en procurant une qualité de vie optimale aux occupants.  À la fin de son cycle de vie exceptionnel, cette maison laissera donc un minimum de produits dangereux dans la nature. » (P. Morel, « La maison en ballots de paille », La maison du 21e siècle, vol. 11, no 4, automne 2004, 20-22, à la p. 22).

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